Eloise Au Chant Fatal – Loan Nguyen & ?

J’ai toujours aimé collectionner les petites figures ou les petites statues de personnages depuis que je suis petit. Je trouve qu’ils ressemblent à des portraits en trois dimensions même s’ils sont inanimés et figés, ce qui leur donne une expression assez triste. Même si à Londres on n’en trouve pas beaucoup, je continue à en chercher pour compléter au fur et à mesure ma petite collection.

 

Tout commença ce soir-là:
– “Je suis revenu!” – s’écria papa en entrant de la porte grande ouverte.
– “ Papa! Tu nous as manqué!” dit Ellie.
– “Je vous ai apporté des cadeaux!”
– “Des cadeaux! Papa tu es le meilleur!”

Il mit dans la main d’Ellie une poupée aux cheveux blonds et aux yeux noirs et profonds. Puis, il me passa la statue d’une femme, dont ses yeux me captivèrent par sa beauté et son attrait indescriptible, un partum pénétra dans mon esprit hypnotisé par son charme. Celle-ci était à moitié dévêtue, couverte par son étoffe lézardée de couleur de fleur de soufre, fanée par le temps. Un nom ‘Éloïse’ était inscrit à ses pieds. Elle portrait un sourire si séduisant que je ne pouvais pas résister. Quoi dire de plus? Même son nom était joli! C’était un chef-d’œuvre; elle était tout simplement magnifique. Je l’admirai pendant un long moment.

 

Je déposai Éloïse sur l’étagère de ma chambre, où se trouvait ma collection. Elle l’a perfectionnait. Parfois, quand je la regardai, un sentiment étrange surgissait. Ou plutôt un sentiment de malaise, un sentiment de crainte indescriptible. Souvent, j’avais l’impression que ses yeux se baladaient derrière mon dos, comme si elle suivait chacun de mes gestes. Mais quand je me retournai, elle était toujours à sa forme initiale, avec son sourire charmant, l’expression toujours aussi joyeuse.

 

Cela fit un bon moment que la statue arrivait chez nous. Et depuis, ce sentiment étrange ne cessa pas me troubler.
Un jour, comme tous les autres, j’étais en train de me doucher dans ma salle de bain. Je ne m’étais pas lavé depuis trois jours donc je devais bien frotter ce jour là. Je venais de prendre un peu de shampooing dans ma paume. Quand je  me retournai pour le déposer, la statue était là, devant moi. Mon cœur s’arrêta de battre pendant quelques secondes. Comment était-elle arrivée ici? Cela était possible que je l’aie oublié dans la salle de bain. Mais pour quelle raison aurai-je amené Éloïse dans un tel lieu ?
Un jeudi matin; le ciel était ténébreux, le vent soufflait si intense que les feuilles mortes palpitaient dans toutes les directions et il n’y avait aucune trace d’être vivant dans la rue.

La pluie tombait sans arrêt. A travers la fenêtre, je regardai mon père qui faisait de petits pas sur le trottoir. Il tenait à la main, une grande boîte en carton. Après quelques minutes, mon père arriva devant la porte de notre maison. Je lui ouvris la porte avec un sourire qui s’élevait jusqu’à mes oreilles car je savais que quelque chose n’allait pas et il me répondit avec un sourire attristé et déçu.

–          “Papa, pourquoi rentres-tu si tôt?”
-” Mon chéri… Mon chef m’a renvoyé.”

Je restai interdit. Mon père était un homme qui travaillait assidûment et il faisait toujours attention à son travail, il n’y avait pas de raison pour qu’il soit évincé inopinément comme cela. Il posa sur la table, une boite en carton sur laquelle s’inscrivait “ Edmond Armani de Javel, 21 rue St Stephen”  Cela devrait être ses affaires de travail.

 

Je lui passai un verre d’eau glacé pour le rafraîchir un peu en lui disant que cette entreprise là ne le méritait pas et il fallait cherchait un autre métier qui lui correspondait mieux.

Les jours passèrent vite, mon père passait son temps à chercher un emploi sur l’internet ou dans les journaux. Un jeudi après-midi, le téléphone sonna. Mon père écouta attentivement, il transpirait beaucoup, et dès qu’il déposa le téléphone, il courut à la vitesse de la lumière pour rejoindre l’hôpital de la ville.

Ma mère avait eu un accident, un camion l’avait heurté lorsqu’elle traversait la rue: elle avait un traumatisme crânien. Elle se rétablissait peu à peu, mais il fallait être patient  jusqu’à sa sortie de l’hôpital. Cependant, la catastrophe ne s’arrêta pas là, mon père reçut un appel de l’école de ma petite sœur. Il se précipita pour prendre un taxi. Il paraît qu’Ellie avait une fièvre pétéchiale. Et encore une fois, mon père dut entrer par la porte de l’hôpital, avec Ellie dans ses bras.
Je passai des heures sans dormir, je me triturai les méninges sans pouvoir trouver une réponse à tous ces malheurs incompréhensibles qui arrivaient à notre famille. Je décidai donc de me balader un peu pour me distraire de ce problème mais les chiens du voisin ne semblait pas me supporter: il n’arrêtait pas d’aboyer. Je rentrai dans ma chambre enfin, où je me sentais le mieux pour résoudre cette énigme. Je cherchai un livre sur l’étagère quand j’aperçus la statue qui me fixait d’un regard insolite. Intuitivement, une idée surgit de ma tête: l’arrivée de la statue correspondait au début de la série de malheurs qui bouleversaient ma famille.

Impossible. La statue serait-elle la responsable, la source de tous ses accidents, ces catastrophes qui arrivaient dans ma famille? Je m’approchai ensuite d’elle. Et doucement, elle commença à chanter. Sa voix était la voix plus délicieuse que je n’avais jamais entendue; aussi délicieuse que les crêpes au miel de maman au petit déjeuner. J’étais hypnotisé, non seulement par son chant, mais aussi par sa beauté divine et mortelle.

 

La maison retentit de sa voix, mais personne à par moi ne semblait l’entendre. Papa lisait tranquillement son journal sur le fauteuil, maman préparait un goûter pour Ellie pendant que cette dernière dormait paisiblement, en suçant son pouce. Après être sorti de ma chambre, mon esprit se réveilla. On aurait pu dire que ma chambre était hantée de son chant maléfique. Je décidai alors d’y mettre fin; j’irais détruire ce chant; j’irais la détruire. Je pris alors quelques morceaux de coton pour boucher mes oreilles, je pris mon élan, et je fonçai à la porte de ma chambre, j’arrachai la statue de mon étagère, je la lançai par terre, et elle se brisa en milliers de morceaux. Je rangeai les fragments de pierres dans une boîte en carton. Puis; avec mon vélo j’allai le plus loin et le plus vite possible. Arrivé au milieu du pont, je rassemblai toutes mes forces et je lançai la boîte dans le fleuve. Je repris mon souffle et un sentiment de soulagement m’envahit. Je retournai à la maison, et je me jetai sur mon lit, pour sombrer dans le sommeil. Et voila, c’était la fin pour Éloïse: enfin, je le pensais.

 

J’ai beaucoup trop mangé, je vais exploser. N’ai-je pas battu mon propre record? Je viens de finir de manger deux pizzas de taille moyenne; une aux fruits de mer, et l’autre à la bolognaise sans oublier des saucisses et une bouteille de coca. J’ai l’impression de vivre dans le corps d’un monstre qui est enfaite le mien.  Mon père m’appelle pour l’aider à changer la vitrine cassée. Je fais au moins un effort de me lever et je soulève ensuite la vitre. Mes mains glissent et la glace se brise sur mes pieds. Le sang ne cesse de jaillir et sans savoir, mes pieds sont déjà trempés dans une marre rougeâtre. J’ai l’impression que mes orteils vont se décrocher et tomber. Comment puis-je être si maladroit ? La glace ne casse-elle pas à cause d’Eloïse ? Mais non ce n’est pas possible ; Eloïse est morte. Les malheurs doivent arrêter là et non continuer. Ou peut être toutes ces histoires, toute cette série de catastrophe n’était que du hasard. Ô Eloïse ! Pardonne-moi. Je ne voulais pas te quitter, j’ai tort Eloïse. Reviens-moi.

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